Quelles pistes pour bâtir la ville de demain ?

Lorsqu’il s’agit d’imaginer l’avenir de leur ville, les habitants de Miramichi ne sont pas à cours d’idées en faveur du Vivre-Ensemble ! Preuve en est la richesse des débats qui ont animé le Carrefour Beausoleil, à l’occasion du second Dialogue public organisé à Miramichi (1) le 11 avril dernier.

« L’enjeu, ce soir, est de pouvoir imaginer et construire un nouveau Vivre-ensemble, à travers un plan d’actions pour Miramichi qui s’appuiera sur votre vécu et vos propositions ! ». C’est sur ces mots de Nadine Duguay-Lemay, P.D.-G de Dialogue Nouveau-Brunswick, que s’est ouvert le second Dialogue Public de Miramichi, le 11 avril au Carrefour Beausoleil.

Pour inspirer les réflexions, quatre intervenants – tous habitants ou ayant habité à Miramichi – ont partagé leur vision de la ville devant une trentaine de citoyens de la communauté : Sue Duguay, présidente de la Fédération de la Jeunesse Canadienne Française (FJCF), Tara Audibert, artiste multidisciplinaire, Jenny-Arlette Muhimpundu, agente de programme au ministère de l’éducation postsecondaire, formation et travail et Hal Somers, président directeur général de Towne Chrysler et president de Towne Mazda, à Miramichi.

Miramichi, terre d’accueil historique

Pour amorcer les discussions sous les meilleurs étoiles, George Paul, aîné de la Première Nation Mi’kmaq, a offert une cérémonie de purification : « J’invite les esprits des quatre directions à voir combien nous sommes disposés à nous entendre et à partager ». Un préambule culturellement intense à une série d’échanges qui l’ont été tout autant…

Parmi les forces de Miramichi, les intervenants ont été unanimes sur sa capacité à accueillir toutes les communautés culturelles et à leur offrir une bonne qualité de vie. Un atout qu’elle doit à son histoire, « terre d’accueil millénaire de peuples multiples : Premières Nations, Acadiens, Irlandais, Ecossais, auxquels s’ajoutent depuis quelques années un flux grandissant de nouveaux-arrivants », a rappelé Marc Allain, le directeur général du Centre communautaire Beausoleil.

Jenny-Arlette Muhimpundu, originaire du Burundi, en Afrique de l’Est, témoigne : « Je suis arrivée à Miramichi en novembre 2015 pour une mission professionnelle de 6 mois, et je n’en suis plus repartie ! J’ai trouvé ici une chaleur humaine qui m’a fait me sentir immédiatement chez moi. »

Tara Audibert, de son regard à la fois français et Wolastoqey, ajoute : « Pour moi qui ai été témoin et victime de racisme, je suis heureuse de vivre aujourd’hui dans une ville où les cultures autochtones sont rendues accessibles. » 

Sue Duguay : « Miramichi est un cocon où développer ses ailes »

Pour Sue Duguay, Miramichi a constitué le terreau de son engagement : « Je dois ma passion pour la politique et l’économie à Miramichi ! Ici, j’ai eu la chance de grandir dans un cocon francophone… Ce qui m’a vite fait prendre conscience des possibilités qui s’offraient à moi en dehors dudit cocon ! Toujours avec la certitude d’avoir ici un « chez-moi », j’ai tissé mes ailes tranquillement. J’ai développé ma curiosité et mon goût pour les autres. Lorsque j’ai finalement quitté Miramichi pour poursuivre mes études, j’étais – et je le suis toujours ! – fière de mon identité et prête à me découvrir davantage ! »

Un territoire d’opportunités à saisir… et à créer !

Sue n’est pas la seule à avoir quitté Miramichi, non sans avoir gardé pour sa ville un attachement certain. Face à cette problématique, Adam Lordon, le Maire de Miramichi a décidé d’agir en lançant un plan d’actions sur trois ans. Il explique : « Not

re objectif est d’accueillir tout le monde, et de faire en sorte que nos citoyens restent dans la région ! Les enjeux sont multiples, et touchent notamment à la santé économique de nos entreprises qui, aujourd’hui peinent à recruter ! »

Car Miramichi se développe, et crée d’importantes opportunités que, dans la salle, Andréa Bertram, agente des programmes à l’Association Multiculturelle de Miramichi n’a pas manqué de souligner : « Je suis originaire de l’Ontario ; j’habite ici depuis deux ans et je constate tous les jours le potentiel de Miramichi ! L’énergie est là ; et les idées sont là… » Et surtout, Miramichi est de celle qui ose ! A l’image du Carrefour Beausoleil, qui a à cœur d’accueillir tous les enfants, même si aucun de leurs parents n’a appris le français, pour leur donner la chance d’étendre leurs compétences à une autre langue que la leur. Du jamais vu au Nouveau-Brunswick ! « Cette idée participe au Vivre-Ensemble », estime Line Thibodeau, Directrice du développement culturel et communautaire du Carrefour Beausoleil.

Des idées pour favoriser la rencontre des différences, et renforcer la cohésion sociale

Si l’une des clés du Vivre ensemble est l’apprentissage d’une autre langue que sa langue maternelle, elle est loin d’être la seule pour l’ensemble des panélistes.

Pour Hal Somers, accepter de se confronter vraiment à l’autre serait déjà un premier pas : « Il est ridicule de penser que l’on devrait toujours s’entendre sur tout ! Savoir écouter les opinions des autres, les mesurer aux siennes : voilà ce qui fera avancer et aboutir les projets ! » 

Dans la même veine d’idées, Sue Duguay croit que les habitants de Miramichi devraient davantage « sortir de leurs silos », et aller vers des personnes différentes de celles qui fréquentent habituellement

leurs réseaux : « C’est en combinant nos expertises que nous serons compétents ! En travaillant ensemble, c’est incroyable ce que l’on pourrait faire à Miramichi ! »

Jenny-Arlette Muhimpundu propose : « Il faut développer un cadre mixte de réseautage, qui inclurait tous les habitants de Miramichi, quelle que soit leur communauté culturelle (…) Une idée pour impliquer davantage les Nouveaux-Arrivants serait de créer par exemple un organisme qui les aiguillerait dès leurs premiers jours à Miramichi vers les services dont ils ont besoin, afin qu’ils se sentent chez eux, et qu’ils prennent leur place ! »

Pour Tara Audibert, une autre piste en faveur de la cohésion sociale consisterait à faire connaître les cultures par les histoires, celles que l’on raconte aux enfants, par exemple, ou celles qui se transmettent par la danse ou la musique, et qu’il ne faudrait surtout pas voir tomber dans l’oubli : « Je conseille à tous, par exemple, d’assister à Pow-Wow. C’est l’une des meilleures façons de comprendre les cultures des Premières Nations ! »

« Restons unis ! »

En définitive, « ce qui nous lie est plus fort que les courants politiciens qui tentent de nous diviser, particulièrement depuis les dernières élections ! », a souligné Hal Somers. « Les rencontres de ce type doivent être multipliées : c’est ensemble, en nous parlant, en nous écoutant, que nous ferons de Miramichi une ville où l’on se sent écouté, valorisé et chez soi, inspirante pour la Province, et même pour le Canada tout entier ! »

Munis de ces divers points de vue et suggestions, Dialogue NB va partager ce compte-rendu avec le comité de cohésion sociale de Miramichi, et tous les intervenants concernés.

Vous aussi, vous avez des idées et vous souhaitez agir concrètement pour développer la cohésion sociale à Miramichi : contactez-nous !

506-852-4494 ou info@dialoguenb.org

(1) Depuis le 1er novembre dernier, Miramichi est l’une des Communautés Dialogue accompagnées par Dialogue NB.

Lien vers le Communiqué illustré des magnifiques photos d’Image Authentik :
http://bit.ly/2v929zo